Airbnb : qui sont les gagnants (et les perdants) de la location de courte durée ?

Publié le 1 septembre 2026 à 15:36

 

 

Airbnb, une plateforme quasi-altruiste de location de biens immobiliers entre particuliers permettant au plus grand nombre d’arrondir ses fins de mois ou partir à prix modeste en vacances ? Deux économistes des universités de Nantes et La Rochelle battent en brèche le storytelling de la multinationale américaine. A partir d’une étude de cas analysant la manne financière que procure la location de leurs maisons à certains heureux propriétaires dans la préfecture de Charente-Maritime, et le profil-type de ces ménages privilégiés par rapport au reste de la population locale, ils soulignent l’ampleur des inégalités de patrimoine dans le processus de création de richesses.

Par Raphaël Suire (Nantes Université), et Sylvain Dejean(La Rochelle Université)

L’économie du partage, ou sharing economy, est venue avec ses promesses. Pêle-mêle, il s’est agi de faciliter grandement la rencontre entre une offre excédentaire et une demande, d’offrir une grande souplesse dans l’usage et puis le plus important, de générer un revenu dont on a souvent dit qu’il complète utilement l’existant.

L’objectif : produire du pouvoir d’achat pour les propriétaires et augmenter grandement la variété de ce qui est disponible, comme les logements. Regardons plus précisément qui gagne vraiment de l’argent avec Airbnb.

Au sein d’un projet de recherche, nous avons mené une étude sur l’agglomération de La Rochelle pour mieux identifier et analyser qui bénéficient le plus d’Airbnb.

Les ménages riches ? Modestes ? Les biens en front de mer ?

Un état des lieux

Concrètement, nous avons comparé 606 maisons louées sur Airbnb à plus de 20 000 maisons non louées. C’est une première en France, car jusqu’ici aucune étude n’observait à la fois les revenus Airbnb réels et le revenu global des ménages qui louent.

Pour ce faire, nous avons croisé trois jeux de données :

  • Les recettes réelles de taxe de séjour de la ville de La Rochelle. Il s’agit ici du prix payé, le nombre de nuits et le nombre de voyageurs pour chaque location réalisée en 2022 ;

  • Le cadastre qui décrit chaque logement ;

  • Les données fiscales de l’ensemble des ménages, consultées à partir d’un accès sécurisé aux données ministérielles (CASD).

Nos premiers résultats sont sans équivoque : les ménages aisés et propriétaires ne louent pas plus souvent que les autres, mais ils louent plus cher, jusqu’à 50 euros de plus par nuit.

Logements plus grands et mieux situés

Notre premier constat : les ménages qui louent sur Airbnb sont plus aisés que la moyenne. Leur revenu disponible annuel atteint......

 

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