Locations touristiques : le GHR somme les plateformes de respecter la loi sous peine de poursuites

Publié le 1 septembre 2026 à 16:23

 

 

Le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR) passe à l’offensive.

Début juin 2026, l’organisation a notifié des mises en demeure officielles aux principales plateformes de location de meublés touristiques - parmi lesquelles Abritel, Airbnb, Booking.com et Le Bon Coin - pour non-respect de la loi dite « Le Meur ». Ce texte, promulgué le 19 novembre 2024, impose depuis le 20 mai 2026 l’affichage systématique d’un numéro national d’enregistrement sur toutes les annonces de locations saisonnières en France.

Un cadre légal ignoré par les géants du secteur

Malgré l’entrée en vigueur de cette obligation, le GHR constate que « de très nombreuses annonces » restent publiées sans ce numéro, en violation flagrante du Code du tourisme.

Pour Catherine Quérard, présidente du GHR, cette situation est « inacceptable ». Elle dénonce une « concurrence déloyale » envers les professionnels de l’hôtellerie-restauration, soumis à des normes sociales, fiscales et sanitaires bien plus strictes, tandis que des milliers de locations irrégulières continuent d’être commercialisées en ligne. Articles connexes: Algajola, la perle méconnue de Corse qui séduit face à l’affluence estivale.

Le GHR pointe également du doigt les risques de contournement des règles fiscales et les difficultés accrues pour les collectivités locales cherchant à réguler l’explosion des meublés touristiques. Ces plateformes, en fermant les yeux sur les annonces non conformes, saperaient les efforts de transparence instaurés par la loi.

Un ultimatum aux plateformes : conformité ou sanctions

Dans ses courriers, le GHR exige des plateformes qu’elles :

  • rendent obligatoire, sans délai, l’affichage du numéro d’enregistrement pour toutes les annonces publiées en France ;
  • suspendent ou retirent immédiatement les offres ne respectant pas cette règle.

 

Faute de réaction rapide, le groupement « se réserve le droit d’engager toute action contentieuse utile » pour faire appliquer la loi et défendre les intérêts de ses 12 000 établissements membres, qui emploient au total 150 000 salariés à travers le pays. Voir aussi: Week-end du 1er au 3 mai à Strasbourg : 4 incontournables entre cirque, Mozart et réouverture festive.

Cette mobilisation s’inscrit dans une volonté plus large de rééquilibrer les règles du jeu entre l’hôtellerie traditionnelle et les locations touristiques, dont la croissance exponentielle bouleverse les marchés locaux.

La loi « Le Meur » avait précisément pour objectif de mettre fin à l’opacité du secteur en instaurant un fichier national des meublés de tourisme.

Deux ans après son adoption, son application effective reste cependant un chantier inachevé - et les plateformes, premières responsables de sa diffusion, sont désormais dans le collimateur des professionnels lésés.

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